Tout savoir sur les Azulejos portugais (histoire, origine et styles)

Récemment, une amie est revenue du Portugal avec un petit plateau décoré à la façon des azulejos portugais. Ce joli souvenir m’a donné envie d’écrire un article sur ces fameux carreaux de faïence portugais, emblèmes colorés et poétiques que l’on retrouve partout dans les rues de Lisbonne. Les azulejos portugais sont des témoins silencieux d’une histoire mêlant influences arabes, flamandes et italiennes.

L’origine du mot azulejos

Le terme azulejos désigne les carreaux de céramique émaillés typiques du Portugal. Mais il vient en réalité de l’arabe azzelij, qui signifie « petite pierre polie » ou « morceau de céramique utilisé pour créer des mosaïques byzantines ». Cette technique est arrivée au Portugal au cours des conquêtes arabes.

Plus largement, on parle aussi d’azulejaria pour désigner les grands ensembles décoratifs faits de ces carreaux, souvent ornés de motifs géométriques ou de scènes figuratives, caractéristiques de l’identité portugaise.

Les influences dans l’histoire des azulejos portugais

L’influence italienne

Au milieu du XVIe siècle, le style de la Renaissance italienne se diffuse jusqu’au Portugal grâce aux faïenciers flamands formés à la technique de la majolique. Ces artisans venus d’Anvers ou de Flandre s’installent en Espagne puis au Portugal, où ils répondent à des commandes prestigieuses.

Par exemple, Guido di Savino, originaire d’Anvers, aurait réalisé les frises du palais des ducs de Bragance.

L’influence flamande : Delft et les Hollandais

À la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, l’union entre l’Espagne et le Portugal modifie les circuits de production. Ce sont alors les Hollandais, notamment ceux de Delft, qui deviennent les principaux producteurs d’azulejos.

Les peintres flamands y introduisent des scènes théâtrales, souvent religieuses ou mythologiques, mais aussi des récits portugais. L’architecture est mise en valeur, les espaces extérieurs se prolongent dans les intérieurs grâce aux décors muraux.

Un exemple marquant : les six grands panneaux réalisés pour le Palácio dos Marqueses à Lisbonne par le peintre Jan Van Oort, qui influenceront durablement les artistes portugais.

Azulejos portugais histoire
Source : Lisbonne idée – photo du palais extérieur

L’apogée et le déclin de l’azulejaria

L’azulejaria atteint son apogée au milieu du XVIIIe siècle. Les ateliers de Lisbonne produisent en grande quantité, avec une virtuosité qui rend les créations plus chères encore que celles fabriquées en Hollande.

Gabriel del Barco, peintre et architecte, est une figure majeure de cette époque. Il est considéré comme un précurseur du style « portugais ». Il commence le mouvement du « cycle des maîtres ».

Avec la mode rocaille venue de France, les azulejos renouent avec la polychromie. Les scènes religieuses, souvent en bleu et blanc, sont parfois rehaussées de violet ou de manganèse.

azuelejaria
Gabriel del Barco. Igreja do Convento de Nossa Senhora da Assunção, 1699-1700.

Les azulejos portugais aujourd’hui

De nos jours, même si la fabrication des azulejos est souvent industrialisée, ils restent un symbole profondément ancré dans l’identité portugaise. On les retrouve sur les façades des maisons, dans les gares, les églises, ou simplement pour décorer un coin de rue.

Ils ne servent pas seulement à embellir : ils racontent l’histoire, signalent les noms de rues, les numéros des maisons… Et pour les passionnés, un musée leur est entièrement consacré à Lisbonne : le Museu Nacional do Azulejo, qui retrace toute l’histoire de cet art du XIe siècle à nos jours.

Les deux grands styles d’azulejos

Même si tous les azulejos sont produits à base de faïence émaillée, deux grands styles se distinguent :

Les azulejos de padrão (motifs répétitifs)

Ce sont les plus courants. Le mot padrão signifie « motif » ou « patron ». Il s’agit de carreaux ornés de motifs géométriques ou floraux, souvent de tradition mauresque. Ces décors évitent la représentation figurative, en cohérence avec l’interdiction iconographique de l’art islamique. On retrouve ces carreaux en enfilade sur les murs des églises, des maisons bourgeoises ou sur les façades extérieures.

Les couleurs dominantes sont le bleu, le jaune et le blanc : un trio qui capte la lumière et donne à la ville son éclat si particulier.

Les azulejos figurativos (scènes narratives)

Issus de l’influence italienne, ces azulejos racontent des histoires : mythologie, scènes bibliques, événements du quotidien. Ils sont souvent utilisés dans les églises, les palais ou les bâtiments officiels pour illustrer des récits importants.

Le bleu cobalt domine, et la réalisation de ces scènes demande un savoir-faire particulier, proche de la peinture.

Un exemple célèbre : les décors du palais de la marquise de Lisbonne, ou encore les grands panneaux muraux de la gare de São Bento à Porto, qui retracent l’histoire du Portugal

Conclusion sur les azulejos portugaiszu

Les azulejos racontent à leur manière l’histoire du Portugal. Aujourd’hui encore, ils fascinent par leur beauté, leur symbolique et leur ancrage dans le quotidien. Que ce soit pour leur aspect décoratif ou leur valeur historique, ces petits carreaux n’ont pas fini de faire parler d’eux.

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à très vite,

Jeanne


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