De l’argile à l’éternité, trésors céramiques de l’Antiquité (partie 2)

Comment la céramique a pu se développer en Grèce durant l’époque de l’Antiquité ? Quelles sont les céramiques de l’Antiquité ? Et, comment les différentes technologies ont traversé les régions pour arriver en Rome antique ou en Gaule ? Quelle était l’utilité de la céramique durant l’époque de l’Antiquité ? Puis, comment distinguer les œuvres de cette époque ? Je vais te parler de tout cela dans cet article !

Si tu regardes les émoticônes disponibles sur ton téléphone, celui qui représente la poterie ressemble très fortement à un poterie antique: 🏺. C’est l’une des plus faciles à reconnaître : celle de la Grèce antique. Mais, y a-t-il autre chose ? Dans cet article, nous allons plonger dans le monde fascinant de la céramique pendant l’Antiquité, en explorant spécifiquement la Grèce antique, la Rome antique et la Gaule.

🚨 Attention, un autre article sur l’antiquité est disponible en suivant ce lien. Il traite du Moyen-Orient et de l’Égypte.

Grèce antique, la terre d’influence

Il existe des hypothèses sur l’arrivée de la céramique en Grèce antique. Les archéologues et les historiens supposent qu’elle a été importée du Proche-Orient vers le VIe siècle avant J.-C. Les premières œuvres retrouvées sont assez rudimentaires et sont modelées à la main, avec un décor peint en couleurs sombres sur un fond clair.

Céramique crétoise minoenne

Toujours en matière d’influence, il semblerait que la céramique ait été inspirée par la céramique crétoise minoenne, originaire de l’époque du roi Minos à Crète, dans le style Camarès. Ce style tire son nom d’une grotte sacrée. Les caractéristiques des œuvres de ce style sont faciles à reconnaître.

Kamares vases – Heraklion Archaeological Museum, Crete

Il s’agit principalement de vases et d’objets plutôt fonctionnels fabriqués au tour. En effet, les objets étaient utilisés pour des rites religieux et des offrandes funéraires, comme de la nourriture et des boissons.

Le style de décor est généralement floral ou met en scène la faune locale. Les compositions sont très répétitives et rigoureuses, réalisées avec des engobes à l‘oxyde de fer. Les couleurs dominantes sont le brun foncé et l’ocre, qui ressortent sur le fond plutôt sombre de l’argile.

Le style géométrique grec (Xe au VIIIe siècle avant J.-C.)

Un nouveau style a émergé lorsque la culture minoenne a disparu vers 1450 avant J.-C. Ce style est plutôt géométrique et se caractérise par un décor de nature funéraire. De cette façon, les motifs sont souvent situés sur l’épaule du vase. Les céramiques sont produites dans toute la Grèce, mais elles sont particulièrement abondantes à Athènes.

exemple du style géométrique – wikipedia

Les vases présentent une variété de formes : amphores, cratères, skyphoi. Le décor comprend des frises, des registres et des métopes superposés. Les motifs géométriques sont diversifiés, avec des chevrons, des damiers, des lignes, des cercles et des croix. Ces motifs peuvent être séparés par des bandes. Ils sont peints en noir, se démarquant ainsi du beige de l’argile cuite.

En rouge et noir (merci Jeanne Mas) – VIIe au Ve siècle avant J.-C.

La technique des figures noires sur fond rouge ou des figures rouges sur fond noir provient probablement de Corinthe, mais les œuvres les plus connues ont été fabriquées à Athènes. Il est intéressant de noter un changement dans les représentations et les décors.

Les figures humaines prédominent désormais sur la nature, qui est réduite à des signes ou à des symboles. En effet, les œuvres représentent généralement la vie quotidienne et les épisodes mythologiques. Toutes ces représentations sont réalisées sur des vases.

Le décor comprend un motif principal, par exemple, une scène de la vie quotidienne, et des frises tout autour. Les frises sont ornées de motifs géométriques tels que des damiers, des palmettes et des méandres.

Et après ?

L’art grec est très riche et propose des bases esthétiques qui ont été reprises à la Renaissance et même aujourd’hui. Cet art est souvent dédié aux divinités. Cependant, la céramique a été détournée de son usage de contenant pour devenir quelque chose de plus prestigieux.

Rome dans l’Antiquité

Ils sont fous, ces Romains ! Ils ont peu à peu envahi la civilisation étrusque en Italie centrale. Ce gain de territoire leur a permis d’intégrer leur richesse et leur culture, et ils en ont laissé des traces, notamment dans les nécropoles qui rivalisent avec les tombeaux d’Égypte !

Nécropoles étrusques de Cerveteri et de Tarquinia – UNESCO World Heritage Centre

Les nécropoles de Cerveteri et de Tarquinia sont très connues en raison de leur grandeur et de leur architecture.

Intérieur de la tombe photographié par Samuel James Ainsley

L’intérieur des tombes est orné de bas-reliefs et de peintures murales représentant la vie quotidienne et les pratiques funéraires de l’époque. Donc, la terre cuite a été utilisée pour fabriquer des statues et des éléments décoratifs des temples.

C’est dans le domaine funéraire que les Romains ont montré leur talent. Les urnes, les canopes et les sarcophages étaient de grande taille et modelés dans l’argile. Ce qui indique qu’ils maîtrisaient bien l’art de la cuisson.

Les fameux buccheri

Les buccheri sont les vases les plus connus, ils s’inspirent du style grec. Les décors ne sont pas peints et sont très légers. En effet, les pièces sont tournées, polies et cuites. Il s’agit de céramique entièrement noire de différents styles :

  • Bucchero sottile : le plus ancien, avec des traits fins et de fines rayures incisées.
  • Bucchero orientalisant : décorés de motifs zoomorphes obtenus par estampage.
  • Bucchero pesante : de grande dimension avec un décor moulé et estampé.

Gaule romaine

Sans grande surprise, l’art romain s’inspire fortement de l’art grec. La vaisselle était en or et en argent pour montrer la richesse et la grandeur de l’époque.

La céramique, placée au second rang, était utilisée pour la construction ou pour la poterie d’usage courant avec une glaçure. Cette glaçure lui procurait diverses couleurs : jaune (oxyde de fer), vert (oxyde de cuivre) ou violet (manganèse).

Zoom sur la céramique arétine (ou sigillée)

Cette céramique tire son nom de sa ville d’origine, Aretium (Arezzo aujourd’hui). Les décors étaient réalisés avec une molette roulée autour des pièces. Cette poterie était destinée à une vaisselle de grande qualité, telle que des bols, des assiettes, des plats et des cruches. Les formes et les décorations étaient assorties pour toute la vaisselle.

Les motifs étaient des frises de motifs répétitifs en creux ou en relief : scènes, animaux, personnes, décorations. Et, tout était fait par poinçonnage. Les pièces étaient recouvertes d’un vernis de couleur rouge pour obtenir un effet satiné.

La céramique sigillée a disparu avec la fin de l’empire romain, mais son influence sur la poterie européenne perdure.

Conclusion

Ces pièces d’argile cuite ont survécu à travers les âges et nous permettent de comprendre les civilisations. En effet, la céramique a transcendé son utilité fonctionnelle pour devenir un témoignage tangible de l’art, de la culture et de l’histoire de l’Antiquité.

La céramique antique continue d’inspirer les artistes et les amateurs d’art aujourd’hui. Elle nous rappelle que l’art peut transcender le temps et que les objets les plus simples peuvent devenir des trésors précieux, porteurs de mémoires anciennes !

à très bientôt,

Jeanne


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