Tu te demandes comment le Japon a obtenue si bonne réputation dans l’art ? Ou, comment la céramique japonaise a influencé la culture et l’art du Japon ? Tu souhaites savoir pourquoi le Japon est connu pour son approche innovante de la céramique ? Et, pourquoi elle continue de nous inspirer aujourd’hui? Cet article est pour toi !
J’adore le Japon ! Mais, j’aime encore plus son rapport à l’artisanat en général. Du Jomon à la céramique contemporaine, la céramique japonaise a toujours su refléter la créativité et la maitrise des artisans. La céramique est le reflet d’une histoire, marquée par des évolutions techniques et des influences culturelles. Dans cet article, nous explorerons l’histoire fascinante de la céramique japonaise : de l’influence des importations chinoises à la préservation des traditions nationale.
⚠️ Nous n’aborderons pas la cérémonie du thé, un article complet sur ce sujet viendra par la suite de cet article. Abonne-toi à la newsletter pour ne rien rater.
Introduction sur la période Jomon
La céramique a fait son apparition au Japon dès le début de la période Jomon (10 500 – 300 av. J.-C.). Les archéologues ont découvert de nombreux tessons de poterie non décorée, principalement utilisée à des fins domestiques.
Le terme « Jomon » tire son origine de la décoration caractéristique de la poterie. Elle ressemble à des impressions de cordes. Le style Jomon se caractérise par des récipients dotés de surfaces très créatives et richement animées.

Les poteries décorées, souvent retrouvées dans des sépultures, se distinguent par leur forme qui est plus étroite à la base qu’à l’ouverture.
Les ronde-bosses
On y trouve également de nombreuses figurines d’animaux en ronde-bosse. Les rondes-bosse signifie qu’elles ne sont pas attachées à un fond mais reposent sur un socle.

Les techniques utilisées à l’époque étaient relativement rudimentaires, semblables à celles des productions primitives. La terre utilisée était de couleur rougeâtre ou grise. Les statuettes étaient généralement façonnées à la main ou à partir de colombins, et les décorations étaient réalisées à l’aide de cordes.
Dogû, les venus japonaises
Les « Venus japonaises » sont des représentations anthropomorphes en terre cuite, également connues sous le nom de Dogû. Leur utilisation demeure mystérieuse. Elles se présentent sous trois formes : des statuettes en ronde-bosse, des masques convexes, et des figures gravées ou modelées dans l’argile.

La culture Yayoi dans la céramique japonaise (néolithique)
La culture Yayoi, originaire de Corée, tire son nom d’un quartier de Tokyo. Elle se distingue par la poterie façonnée au tour et la maîtrise du travail du bronze et du fer.
L’argile utilisée est de couleur rougeâtre et d’une grande pureté. Les formes sont simples et adaptées aux besoins de la riziculture, avec des jarres profondes à large ouverture pour la cuisson des aliments, ainsi que des jarres à col étroit pour le stockage.

La céramique japonaise durant la période Kofun
Dans l’Antiquité japonaise, pendant la période Kofun, on observe l’émergence de grandes sculptures.
Les tumili
Pendant la période Kofun, les céramiques atteignent parfois des dimensions impressionnantes, avec des tumuli pouvant mesurer jusqu’à 30 mètres de haut et 400 mètres de long. Ces tumuli sont ornés d’animaux, de personnages et d’objets de la vie quotidienne. Ils sont généralement réalisés en terre cuite de couleur rougeâtre et sont montés à partir de colombins.

Ces tumuli ont souvent une forme de trou de serrure.
La céramique Haji
La céramique Haji ou Hashi perpétue les traditions de la période Yayoi, avec la création de jarres funéraires présentant peu de motifs. La couleur est uniforme, et la surface est lisse.

La Céramique Sue
La céramique Sue, également connue sous le nom de Sueki, comprend également des pièces dédiées aux offrandes. Ces pièces sont façonnées au tour en grès grisâtre et cuites en atmosphère réductrice. On y retrouve des vases, des jarres, des bouteilles et des bassins. La couleur varie du gris au noir.

La céramique Haniwa
La céramique Haniwa, quant à elle, est principalement destinée à des usages funéraires. Elle se présente sous la forme de figurines humaines et est utilisée pour accompagner le défunt.

La céramique japonaise durant la période Muromachi
La période Muromachi (1392-1573) fut une époque médiévale marquée par le chaos au Japon. Pendant cette période, les importations de céramique chinoise étaient privilégiées, et l’inspiration était souvent puisée dans la période Song chinoise. Les pièces étaient généralement réalisées par modelage aux colombins, puis lissées pour obtenir une surface uniforme.

La céramique avait une utilisation quotidienne importante pendant cette période, servant au stockage et à la cuisson des aliments. Elle était produite dans de grands centres de production, tels que les fours de Bizen, Seto, et Shigaraki. Les potiers concevaient de grands fours en forme de tunnels pour cuire les céramiques à des températures élevées.

Période Momoyama, période Edo : même combat
Pendant la période Momoyama (1573-1603), il est vrai que l’influence sur l’histoire de la céramique au Japon a été relativement limité. Puis, durant la période Edo, le Japon s’est coupé du commerce avec l’extérieur, ce qui a eu pour effet de limiter les innovations dans le domaine de la céramique..
XXème siècle avec Matsui Kosei
J’ai tellement de choses à dire sur la période contemporaine au Japon qu’un article sera dédiée entièrement pour cela. Mais, il est intéressant de citer Matsui Kosei (1927-2003). C’était un prêtre qui s’est consacré à l’étude et à la création de céramiques antiques en provenance de Chine, de Corée et du Japon.

Il a utilisé la technique du nerioage (ou nerikomi), qui consiste à mélanger différentes couleurs d’argile. J’en parlerai aussi longuement dans un article dédiée. Mais en attendant, tu peux regarder cette vidéo incroyable sur youtube.
Pour conclusion sur la céramique japonaise
De la simplicité des poteries Jomon à la sophistication de Matsui Kosei, la céramique japonaise a évolué pour répondre aux besoins quotidiens, aux aspirations esthétiques et aux influences culturelles.
Je trouve que la céramique japonaise est une manifestation de la relation profonde entre l’homme et la nature, entre la terre et le feu. La céramique japonaise me fascine, tant par sa beauté intemporelle que par son lien avec une culture riche. Elle nous rappelle que l’art peut transcender les époques et les frontières pour devenir un témoignage vivant de la créativité humaine.
J’espère t’avoir fait découvrir des choses sur la céramique japonaise. Que cette petite exploration t’a inspiré et t’a donné envie d’en savoir plus. J’écrirai à nouveau sur ce sujet, notemment pour parler de la cérémonie du thé.
à très bientôt,
Jeanne


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