Tu as toujours été dans un atelier, et maintenant que tu dois prendre en main la cuisson de tes créations seul, tu te sens un peu perdu ? Tu as l’habitude de suivre les courbes de cuisson de l’argile proposées par ton fournisseur, mais tu souhaites comprendre les propriétés de la terre ? Cet article est pour toi !
Déjà, laisse-moi te dire que chaque céramiste a sa propre façon de gérer ses cuissons, et celles-ci dépendent essentiellement du four qu’ils utilisent. Mais il existe des principes et des règles à connaître sur l’argile. Dans cet article, nous explorerons les principes fondamentaux des cuissons de l’argile, en mettant l’accent sur les propriétés physico-chimiques à connaître.
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Comment se passe la cuisson de l’argile ?
Les deux cuissons pour chaque type d’argile
En céramique, il est courant de procéder à deux cuissons, quel que soit le type d’argile utilisé. Ces deux cuissons successives sont “essentielles” pour créer des pièces céramiques. Nous en parlerons plus en détail dans les prochains paragraphes.
- La première cuisson : cuisson de dégourdi ou cuisson de biscuit
Souvent appelée cuisson de dégourdi pour les grès et les porcelaines, ou cuisson de biscuit pour les faïences, cette cuisson a pour objectif principal d’éliminer l’humidité résiduelle dans l’argile. Cela rend les pièces plus solides et moins poreuses, les préparant ainsi à la deuxième cuisson.

- La cuisson d’émaillage
Les pièces sont recouvertes d’émail, puis cuites à des températures spécifiques pour obtenir la finition désirée. Cette cuisson peut être oxydante ou réductrice. La différence entre ces deux modes de cuisson dépend de l’oxygène présent dans le four.
Différence entre cuisson oxydante et réductrice
La différence essentielle entre la cuisson oxydante et réductrice en émaillage réside dans la manière dont elles affectent les couleurs et les caractéristiques des émaux.
La cuisson oxydante :
L’atmosphère du four est riche en oxygène, ce qui permet une combustion complète du combustible. Le flux constant d’oxygène maintient les couleurs des émaux stables et brillantes, préservant leur aspect d’origine. On dit que l’atmosphère du four est « neutre ». La cuisson oxydante est souvent réalisée dans un four électrique.
La cuisson réductrice :
L’objectif est de réduire la quantité d’oxygène dans le four. Ce type de cuisson est possible dans les fours à flamme (bois, gaz, par exemple). La cuisson réductrice nécessite une surveillance constante pour ajuster la quantité d’oxygène et obtenir les résultats souhaités. Il est impossible de lancer ce type de four durant la nuit.
La réduction de l’oxygène entraîne une combustion incomplète du combustible, créant un environnement riche en carbone. Cela peut provoquer des réactions chimiques complexes, altérant les couleurs des émaux et créant des effets de surface uniques : tels que des nuances métalliques ou des variations de couleur ou des effets de cristallisation.

Tout savoir sur la cuisson de biscuit de l’argile
Introduction sur la cuisson de biscuit
La première fois que la création en argile passe dans le four, on parle de cuisson de biscuit. Les créations doivent être totalement sèches, sous peine d’endommager le four. Au cours de cette première cuisson, les pièces en argile sont exposées à des températures élevées, généralement entre 900°C et 1000°C, selon le type de terre utilisé.
L’objectif principal de la cuisson de biscuit est de durcir les pièces en éliminant toute l’humidité résiduelle et en amorçant la transformation de l’argile en céramique cuite. La montée en température est effectuée lentement pour éviter tout risque de fissuration due à un choc thermique.
Comment le four monte en température pour la cuisson de biscuit ?
Avant 600°C
La cuisson doit démarrer assez lentement et progresser de 100°C par heure (en moyenne) jusqu’à atteindre les 600°C.
Pourquoi 600°C ?
→ Le point quartz est atteint à 573°C ! C’est à partir de ce moment que l’argile se transforme en céramique cuite. La transformation est irréversible une fois que l’argile « perd de l’eau » et qu’elle se transforme pour recombiner un ensemble d’atomes. C’est à ce moment là que la silice subit une transformation structurelle.
Le point quartz est significatif car il marque le début de la vitrification de l’argile. À partir de ce moment, l’argile devient plus solide, moins poreuse et prend des caractéristiques de céramique cuite. La connaissance de ce point est essentielle pour le contrôle des températures de cuisson et pour garantir que les pièces céramiques atteignent le stade de vitrification souhaité.
Après 600°C
De 500°C à 700°C, il faut bien laisser ouverts les regards du four pour laisser le gaz et la vapeur d’eau s’échapper.

La cuisson biscuit se fait généralement entre 900 et 1000°C pour que toutes les matières organiques résiduelles aient pu brûler correctement (bactéries, déchets de plantes). Une fois que les créations sont cuites, il y a un retrait et un changement de couleur.
- Pour les terres de faïence
Une fois la première cuisson de la terre de faïence (entre 980°C et 1050°C) effectuée, la terre reste poreuse. Cette porosité permet d’absorber l’émail après la première cuisson.
- Pour les terres de porcelaine et de grès.
La température des terres vitrifiées est d’environ 980°C en moyenne.
En moyenne, la cuisson biscuit dure entre huit et onze heures. Dans les fours les plus récents, les microprocesseurs permettent une régulation de la température très précise. De ce fait, il est possible de monter en température plus rapidement et de changer le temps de cuisson (entre quatre et six heures)
Tout savoir sur la cuisson d’émail de l’argile
Une fois l’émaillage réalisé, il faut les cuire une seconde fois à la température appropriée aux émaux utilisés. Les pièces peuvent être cuites dès que l’émail est sec ou alors être laissées en attente après l’émaillage sans limite de temps. Comme lors de la cuisson de biscuit, il ne faut jamais placer des pièces humides au four ! Si les pièces sont humides, il faut les laisser sécher quelques heures avant de les cuire.
La cuisson au four électrique donne des résultats raisonnablement prévisibles. Les fours qui utilisent d’autres types d’énergies sont plus imprévisibles. Dans ce sens, la durée des cuissons d’émail varie selon le type de four et la température recherchée.
Pour la cuisson d’émail, la courbe de cuisson peut être plus rapide que pour la cuisson de biscuit. Une grande partie des transformations qui interviennent dans la terre se sont déjà produites pendant la cuisson de biscuit. La première cuisson rend le tesson plus solide et moins sujet aux déformations ultérieures.
La porosité de la faïence
Si la cuisson d’émail ne dépasse pas 1060 °C et si la terre n’a pas été amenée trop près de son point de vitrification pendant la cuisson de biscuit, le tesson restera poreux. Il peut être nécessaire d’émailler entièrement les terres cuites poreuses pour les rendre imperméables.
Les cuissons typiques des terres vitrifiées (grès, porcelaine)
La cuisson d’émail aux températures du grès (autour de 1250 °C) implique certaines exigences qu’il faut prendre en compte.
La durée moyenne d’une cuisson de grès est de neuf heures. La pièce ayant déjà été cuite, les étapes de la cuisson d’émail peuvent être plus rapidement franchies que pour la cuisson de biscuit. On peut monter en température par paliers d’environ 100 °C par heure jusqu’à 500 °C, puis par paliers d’environ 250 °C jusqu’à la température recherchée.
Toujours s’adapter à son cas spécifique
Il est impératif de vérifier les températures de cuisson recommandées par les fournisseurs d’argile. Chaque type de terre a ses propres caractéristiques et exigences de cuisson, et les variations peuvent être significatives. La fiabilité de ces informations garantit que les pièces atteindront leur état final souhaité. Si tu as un doute, tu peux les contacter pour obtenir des informations précises sur la cuisson.
Durant ma formation, les professeurs insistaient sur le fait d’avoir un journal de bord. Enregistrer les détails des cuissons, tels que les températures, les paliers de température, les phases de refroidissement, et même les observations subjectives, permet de suivre l’évolution de chaque cuisson. Un graphique peut également s’avérer utile pour visualiser les variations et ajustements nécessaires au fil du temps. Plus nous connaissons la pâte, plus il est facile de l’ajuster (les montées en température, les paliers à atteindre, la phase de refroidissement).

Sur les progrès des fours éléctriques
Les progrès technologiques ont considérablement amélioré la régulation de température dans les fours céramiques. Les microprocesseurs modernes permettent une gestion précise et automatisée des températures de cuisson. . En conséquence, il est possible de monter en température plus rapidement et de réaliser des cuissons plus rapides et plus précises.
Zoom sur la monocuisson de l’argile
Les petites pièces peuvent parfois être cuites en une seule fois : il n’y a pas de cuisson de biscuit et l’émail est appliqué à cru, parfois après application d’une couche d’engobe. Dès le façonnage, il faut alors envisager les manipulations qui vont devoir être faites pour réaliser l’émaillage sur cru. Le taux d’absorption d’une pièce à cru étant inégal, il est beaucoup plus difficile de poser l’émail de manière uniforme. Une pièce non biscuitée est par ailleurs bien plus fragile.
Les risques de casse sont plus importants, et il est difficile en cas d’erreur d’enlever l’émail sans abîmer le tesson cru. Lors de l’émaillage, la façon de tenir les pièces crues est capitale, puisqu’elles elles se ramollissent aussitôt que l’on applique l’émail. Pour éviter de les endommager, les céramistes émaillent souvent les pièces crues au pistolet.
Un démarrage de la cuisson plus lent est nécessaire (50 °C par heure au lieu de 100 °C par heure). On peut procéder normalement à partir de 600°C.
Je n’ai pas encore eu l’occasion d’expérimenter la monocuisson. Par contre, j’adore le site suivant.
Conclusion sur la cuisson de l’argile
J’espère de tout coeur que cet article t’a aidée à mieux comprendre comment les céramiques sont cuites. La cuisson de l’argile est une étape essentielle dans le processus de création céramique. Je suis convaincue que comprendre les propriétés physico-chimiques de l’argile est crucial pour réussir les cuissons. La connaissance du point quartz et des caractéristiques de chaque type de terre permet de contrôler les températures de cuisson et d’obtenir les résultats souhaités. Dis moi si cet article a été utile pour toi !
à très bientôt,
Jeanne


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