Le début d’année a toujours quelque chose de difficile pour moi.
Je le trouve souvent toxique sur les réseaux sociaux. Une accumulation de bilans, de chiffres, de réussites mises en vitrine. Il n’y a rien de mal à ça, chacun fait comme il veut. Mais l’ambiance peut vite devenir anxiogène pour moi. On compare les résultats, les vacances, les trajectoires de vie, les échecs aussi. Vous voyez un peu le type de cercle vicieux des réseaux.
Alors, instinctivement, j’ai envie de me déconnecter.
De m’enrouler dans un plaid avec mon chat. 🙂
J’essaie d’éviter cette période-là, même si je n’y échappe jamais complètement. Et comme beaucoup, je me compare. Je me compare beaucoup. Et quand je ferme les yeux pour m’endormir, une question revient. Elle m’a beaucoup accompagnée à la fin de l’année dernière :
Pourquoi je continue ? Pourquoi je continue d’écrire ? Pourquoi je continue la poterie ?
Le doute
Quand on regarde le monde tel qu’il est aujourd’hui — les guerres, la montée des extrêmes, l’individualisme, le capitalisme — et qu’on met ça en regard de son propre quotidien, c’est normal de se poser mille questions.
Je me suis demandée si j’avais un impact positif sur la société.
Si ce que je fais est juste, alignée avec qui je suis et avec ce que je souhaite représenter.
En gros, une remise en question intense.
Je suis quelqu’un de très sensible. Ces réflexions peuvent vite m’empêcher de dormir.
Ce ne sont pas des questions nouvelles, mais le début d’année a ce pouvoir-là : il nous force à nous recentrer, à regarder où l’on en est vraiment.
Si vous me lisez depuis longtemps, vous savez que j’aime me fixer des objectifs, faire des bilans. Vous avez peut-être lu ceux des années précédentes. Cet article s’inscrit dans cette même démarche, mais de manière plus sensible. Une question simple, finalement :
Est-ce que je suis satisfaite de l’impact que j’ai eu cette année ?
Une année de construction (et d’épuisement)
L’année 2025 n’a pas été de tout repos.
J’ai jonglé entre un travail alimentaire, la recherche d’un atelier, l’ouverture d’une nouvelle société, le développement de ma marque. Le tout en essayant de garder une routine sportive, de manger correctement, d’être investie dans une association, de prendre du temps pour lire et d’entretenir mes relations amicales et familiales.
À la fin de l’année, il y avait clairement un trop-plein.
Inutile de vous dire que j’étais vraiment fatiguée!! Je n’avais pas pris plus de trois jours off consécutifs depuis deux ans, je travaillais 6j/7. Mon corps a fini par parler pour moi. Je ne pouvais plus continuer sans prendre soin de moi.
Mais malgré tout, j’ai réussi à ouvrir mon atelier de céramique.
Et ça, j’en suis profondément heureuse.
C’est un rêve que j’entretiens depuis quelques années maintenant. C’était mon souhait pour 2025.
Je suis très fière de l’avoir fait.
Un impact qui ne se mesure pas en chiffres
Alors oui, j’ai un impact.
Ce n’est peut-être pas un impact spectaculaire, mais il est bien réel. Grâce à ce projet (et à Pia, mon associée), il existe aujourd’hui un lieu où des personnes se sentent bien. Un espace bienveillant, que nous essayons de rendre le plus inclusif possible, socialement, culturellement et générationnellement.
J’ai l’impression que ce type de lieu répond à un vrai besoin.
Un besoin de rassembler, d’être ensemble, de partager.
À travers la poterie, je vois aussi combien les gens s’expriment autrement. Certains de mes élèves traversent des périodes difficiles, liées à leur santé mentale, à la solitude, ou à des moments de transition. Se retrouver chaque semaine à l’atelier leur offre une nouvelle routine. Un prétexte pour sortir, rencontrer d’autres personnes, respirer un peu.
L’atelier-boutique permet aussi à plusieurs artisan·es — 11 aujourd’hui — de montrer et de vendre leur travail. Certain·es peuvent même donner des cours. Je sais à quel point il est difficile de trouver des lieux pour exposer, vendre, exister en dehors des algorithmes. Je sais ce que c’est que de se battre avec Instagram et de se sentir seul·e dans sa pratique.
Quant au blog, j’aime penser qu’il peut parfois aider des personnes qui apprennent la poterie chez elles. Peut-être qu’il leur donne le sentiment de ne pas être seules, elles aussi.
Ce que je choisis pour la suite
Dans ce monde un peu fou, je crois que ce qui compte le plus, ce sont les relations humaines. Tendre la main. Être présent·e. Écouter. Créer du lien.
Je n’ai pas changé le monde cette année. Je n’ai pas sauvé de vies.
Mais j’ai fait de mon mieux pour être en lien avec les autres, et pour créer des espaces où l’on se sent accueilli.
Parfois, on a l’impression de ne pas avancer. Pourtant, rester en forme, se lever chaque matin, continuer malgré tout, c’est déjà énorme.
Je refuse de me comparer.
Je n’aime pas la pression des chiffres, des obligations, des résultats à montrer. J’aime la lenteur, les gestes répétés, les silences aussi.
Nous sommes tous sur notre chemin.
Chacun à son rythme.
L’année 2025 a été pour moi une année de construction, de gestion, de fondations. J’ai essayé de bâtir quelque chose de solide, et surtout, quelque chose qui a du sens pour moi.
Pour 2026, j’ai envie de laisser plus de place à la créativité. De faire davantage de choses qui me font plaisir. D’explorer plus librement la personne créative que je suis au fond de moi. J’ai même créé un bingo 2026 avec toutes les choses que j’aimerais expérimenter cette année. Je vous en parlerai dans mon bilan de milieu d’année!
Je me suis demandé si je devais fermer le blog. Mais, j’ai encore envie de continuer.
Alors n’écrivez pas trop à ChatGPT.
Et pensez aux humains. 🤍


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